Pourquoi le film ?

Les faits qui sont rapportés dans le film Vade retro spermato nous ramènent vingt-cinq ans en arrière. Les groupes d’homme, qui ont porté la réflexion et les projets sur l’invention d’une contraception masculine, n’existent plus sous cette forme en France, à part une ou deux exceptions. Il m’est souvent posé la question : « Pourquoi si tard, pourquoi faire ce film maintenant seulement ? ».

A cette question, il y a plusieurs réponses. L’association ARDECOM et les hommes (et les quelques femmes) qui gravitaient dans sa mouvance se sont avant tout souciés de faire vivre et progresser leur réflexion théorique et pratique. Ils étaient peu nombreux, infiniment moins nombreux par exemple que la mouvance féministe qui avait plus d’ancienneté, de maturité, et avant tout préoccupés de la nouveauté sidérante de ce qu’ils mettaient en place : des groupes de paroles, certes (mais les femmes avaient montré la voie) mais aussi des systèmes radicalement nouveaux de contraception masculine, quelque chose qui n’avait jamais existé auparavant.

Puis les années Thatcher/Reagan (avec l’apparition du Sida et sa capote obligatoire) se sont abattues sur l’ensemble des mouvances politiques, avec l’incroyable recul et renoncement des années qui ont suivi.

Dans ces années-là, je n’en étais qu’à l’apprentissage du cinéma et j’étais mobilisé sur d’autres projets. Ce n’est que quelques années après que l’envie de témoigner de ce parcours et de ces expériences s’est imposée à moi, un sujet de film possible comme bien d’autres qui me préoccupaient également. Il a fallu encore quelques temps pour que je prenne vraiment conscience de l’originalité absolue de cette tentative dans l’histoire des alternatives.

J’ai débuté les premiers entretiens préparatoires en 2003, mais il faut longtemps pour qu’un film puisse voir le jour, surtout quand il est aussi unanimement refusé par toutes les chaînes de télévision (oui, ARTE et France2/France3 aussi…).

Le film est enfin disponible, à un moment où les esprits sont peut-être en train de redevenir de plus en plus ouverts à des remises en cause profondes. Peut-être alors vient-il, en fait, au bon moment…

(vous trouverez à cette adresse le journal de tournage du film : http://philippelignieres.wordpress.com/filmographie/vade-retro-spermato/)

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